Jouez et gagnez vos invitations pour la pièce l’Arbre à sang, au Nouveau Théâtre de Besançon
Le 23 février à 23h59
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L’Arbre à sang : un huis clos sauvage et libérateur sous le ciel d’Australie
Il est des textes dont la déflagration ne s’éteint pas une fois le rideau tombé. L’Arbre à sang (The Bleeding Tree), pièce de l’auteur australien Angus Cerini, appartient à cette catégorie rare d’œuvres capables de transformer le fait divers en mythe antique. Mis en scène par Tommy Milliot, le spectacle quitte sa forme itinérante pour investir le plateau du Nouveau Théâtre de Besançon dans une version frontale dès ce printemps 2026. Une immersion brute et nécessaire dans les tréfonds de la résilience féminine.
Une poésie rurale au scalpel
L’intrigue s’ouvre sur un acte irréparable, ou peut-être, au contraire, sur le seul acte de réparation possible : dans une ferme isolée, une mère et ses deux filles viennent de tuer le patriarche. Un homme décrit comme un « ogre », un mari et père dont la violence domestique et sexuelle a irrigué le sol de cette terre aride pendant des décennies.
Le texte d’Angus Cerini, porté par la traduction magistrale de Dominique Hollier — qui qualifie elle-même l’exercice de plus complexe après Shakespeare — invente une langue. C’est une poésie rurale, un idiome haché, syncopé, où les allitérations et les assonances cognent comme des coups de hache sur du bois sec. Ce n’est pas du slam, ce n’est pas du patois ; c’est le cri d’une terre qui reprend ses droits à travers la voix de trois femmes.
Le dispositif Milliot : l’intimité comme arène
Tommy Milliot, nommé à la direction du CDN de Besançon en 2024, confirme ici son goût pour les écritures âpres et charnelles. Après avoir fait voyager ce spectacle sous une forme de « théâtre de tréteaux » dans les salles des fêtes de la région, il propose désormais une adaptation pour les lieux dédiés.
Mais que l’on ne s’y trompe pas : la proximité reste le maître-mot.
Sur scène, un décor de bois suggère l’aridité du paysage australien, mais l’universalité du propos frappe avec la même force que si l’action se déroulait dans les replis des Vosges ou du Nevada. Les spectateurs sont placés au plus près des corps. Ici, chaque silence est une respiration partagée, chaque mot une vibration qui ricoche sur les parois de la salle.
Trois figures, une seule âme
La force du spectacle repose sur un trio d’interprètes exceptionnel. Dominique Hollier, que l’on savait immense traductrice, se révèle ici une « M’man » d’une densité minérale. À ses côtés, Lena Garrel (Ida) et Aude Rouanet (Ada) incarnent les filles avec une détermination ricanante et sauvage.
Le génie de la mise en scène est de faire de ces trois femmes à la fois les protagonistes du crime et les narratrices de leur propre libération. Elles endossent tour à tour les rôles des visiteurs — ces voisins qui « savent » mais se taisent, complices par omission ou par solidarité tacite — créant une fresque sociale sur le laissez-faire de la violence masculine.
De la sidération à l’exaltation
L’œuvre de Cerini s’inscrit dans ce que la critique appelle le « grotesque noir » australien, une lignée qui va du film Wake in Fright aux ballades sombres de Nick Cave. On y rit de l’horreur, non par cynisme, mais par survie. La pièce suit la trajectoire émotionnelle de ces meurtrières malgré elles : après la satisfaction vient la sidération, puis la culpabilité, avant que n’éclate, enfin, la libération.
Le cadavre, encombrant, devient le pivot d’une comédie noire haletante. Comment faire disparaître ce corps ? Comment laver le sang qui semble ne jamais vouloir cesser de couler, comme si l’arbre même de la propriété s’en nourrissait ?
L’événement le plus attendu de la saison au Nouveau Théâtre de Besançon
L’Arbre à sang est un « spectacle uppercut », pour reprendre les mots de la presse nationale. C’est une œuvre qui ne juge pas, mais qui expose les cicatrices.
En choisissant de porter ce texte pour sa première création française, Tommy Milliot offre au public un théâtre de la matière, où le son (création de Vanessa Court) et la lumière (Nicolas Marie) sculptent l’espace pour en faire un sanctuaire de la parole retrouvée.
Alors que la tournée 2026 s’annonce déjà chargée, passant par Lorient, Aubervilliers ou le Théâtre Durance, c’est au Nouveau Théâtre de Besançon que le cœur de ce projet bat avec le plus de vigueur. Une expérience immersive, à partir de 14 ans, qui nous rappelle que le théâtre, lorsqu’il est ainsi possédé par son sujet, possède le pouvoir de transformer la douleur en beauté sauvage.
Informations pratiques :
L’Arbre à sang d’Angus Cerini.
Mise en scène Tommy Milliot.
Au Nouveau Théâtre Besançon CDN du 26 février au 5 mars 2026.
Durée : 1h.
Le quizz
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